
Dans cet entretien exclusif, M. Dhananjay Ramful, Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international de la République de Maurice, partage sa vision du partenariat stratégique entre Maurice et Madagascar.
Il revient sur les piliers de la coopération bilatérale économique, sociale et diplomatique, et souligne l’importance d’un dialogue régional constructif pour faire face aux enjeux communs et construire un avenir durable.
1. Comment décririez-vous l’évolution des relations bilatérales entre Maurice et Madagascar au cours de la dernière décennie, notamment en matière de coopération économique et diplomatique ?
Je dois dire qu’au cours de la dernière décennie, les relations bilatérales entre Maurice et Madagascar ont évolué positivement. Elles ont été marquées par une coopération accrue dans de nombreux domaines clés, notamment la diplomatie, l’économie et la solidarité. Un exemple significatif de ce rapprochement est le soutien constant de Madagascar à la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos, une question de grande importance pour Maurice.
L’échange commercial entre Maurice et Madagascar a été particulièrement florissant. Madagascar est un partenaire commercial majeur pour Maurice, et les deux pays ont bénéficié de leur appartenance commune à des accords de libre-échange, tels que le COMESA et la SADC. Les exportations mauriciennes vers Madagascar comprennent des produits textiles, des produits agroalimentaires, des équipements électriques et des plastiques, tandis que Madagascar exporte des produits agricoles tels que la vanille, le coton et les produits de la mer vers Maurice.
La solidarité entre les deux pays s’est également manifestée par des dons humanitaires en réponse aux crises naturelles. Par exemple, en avril 2021, Maurice a fait don de 50 000 USD à l’Appel Flash lancé par le Programme alimentaire mondial, afin de venir en aide aux populations malgaches touchées par une sécheresse prolongée dans le Grand Sud.
En réponse à la pandémie de Covid-19, Maurice a offert des équipements sanitaires à Madagascar, dont des gants, des écouvillons, des lunettes de protection et des cylindres d’oxygène. Le gouvernement mauricien a également apporté une aide importante après les intempéries de janvier 2022, avec un don de 500 tonnes de riz via la State Trading Corporation (STC) de Maurice.
En 2022 et 2024, Maurice a fait des dons supplémentaires de solidarité pour soutenir les efforts de reconstruction à Madagascar après des catastrophes naturelles. Ces gestes de solidarité témoignent de la relation fraternelle et du soutien constant que les deux pays s’apportent en période de crise.
Outre la coopération économique et humanitaire, la coopération en matière de sécurité et de justice a aussi été un pilier important des relations bilatérales. Un incident notable a eu lieu en janvier 2019, lorsque deux ressortissants malgaches ont été interceptés à Maurice avec une grande quantité d’or et des devises non déclarées.
Les autorités mauriciennes ont saisi les biens et ont informé leurs homologues malgaches. À la suite de l’enquête, un processus de rapatriement de l’or saisi a été lancé conformément aux accords bilatéraux, soulignant l’efficacité de la coopération judiciaire et le respect des procédures internationales.
En résumé, je peux dire que les relations entre Maurice et Madagascar se caractérisent par un renforcement notable de la coopération économique, diplomatique, humanitaire et judiciaire. Les deux pays ont su développer une coopération multidimensionnelle, fondée sur des valeurs de solidarité et de respect mutuel, et ont créé un environnement propice aux échanges commerciaux, aux investissements et au soutien en cas de crises. Ces efforts conjoints augurent d’un avenir prometteur pour les relations bilatérales entre Maurice et Madagascar.
2. Quels sont les principaux accords bilatéraux actuellement en vigueur entre nos deux pays, et comment ces accords ont-ils contribué à renforcer nos liens commerciaux et culturels?
Les relations bilatérales entre Maurice et Madagascar se sont considérablement consolidées au fil des années grâce à une série d’accords stratégiques couvrant divers domaines de coopération. Ces accords, négociés et signés dans un esprit de partenariat et de complémentarité, ont permis de renforcer les échanges commerciaux, culturels, éducatifs et institutionnels entre les deux nations.
L’un des piliers de cette coopération est l’Accord d’Établissement de la Commission Mixte, qui a jeté les bases d’un dialogue régulier et structuré entre les deux gouvernements. Cette plateforme bilatérale permet d’identifier des axes de collaboration, de suivre l’évolution des projets communs et de résoudre efficacement les éventuels différends.
Plusieurs accords ont été signés pour stimuler les échanges économiques et le commerce. Parmi, l’accord commercial du 17 mai 2018 qui encadre les échanges de biens et de services, favorise la suppression des obstacles non tarifaires, et encourage les investissements croisés.
Il y aussi le Protocole d’Accord sur la Coopération industrielle (mai 2018) qui soutient la collaboration industrielle, notamment dans les industries légères comme le textile, avec des effets directs sur la création d’emplois et la production locale.
Notons aussi l’accord bilatéral d’assistance administrative mutuelle en matière douanière, toujours signé en mai 2018. Cet accord facilite la lutte contre la fraude, améliore la transparence et la fluidité des échanges commerciaux. Il y a aussi le protocole d’accord entre le Mauritius Standards Bureau (MSB) et le Bureau de Normes de Madagascar (BNM), signé le 11 mars 2019. Il harmonise les normes de qualité et facilite l’accès des produits mauriciens au marché malgache, et vice versa, en réduisant les obstacles techniques au commerce.
Sur le plan de la coopération culturelle et éducative, nous avons signé le protocole d’accord sur la Coopération culturelle en mai 2018. Il a favorisé les échanges dans les domaines des arts, de la langue, du patrimoine et de l’audiovisuel. Cette coopération contribue à la valorisation des identités culturelles et au rapprochement des peuples.
En mars 2019, nous avons signé l’accord de coopération dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Grâce à cet accord, des initiatives conjointes en matière de formation, de recherche et de mobilité académique ont été entreprises. Il favorise aussi le partage de compétences et d’expertise entre les universités et instituts de recherche des deux pays.
Au niveau de la Coopération judiciaire, nous avons l’accord d’entraide judiciaire en matière pénale (11 mars 2019). Cet accord renforce la coopération dans la lutte contre la criminalité transnationale, le blanchiment d’argent et la corruption. Il a permis une collaboration efficace dans plusieurs dossiers sensibles, notamment la saisie d’or en 2019, où la coordination entre les autorités mauriciennes et malgaches a permis d’engager des poursuites et d’organiser le rapatriement du métal précieux selon les procédures bilatérales.
Ces accords bilatéraux ont non seulement permis de structurer la coopération entre Maurice et Madagascar, mais ont également favorisé un environnement propice aux investissements, au dialogue interculturel et à l’intégration régionale.
3. Dans le contexte des organisations régionales telles que la SADC, le COMESA et la Commission de l’océan Indien, comment Maurice envisage-t-elle de renforcer l’intégration régionale avec Madagascar?
L’intégration régionale est un processus complexe et multidimensionnel. Il vise à favoriser le développement économique et social du continent en harmonisant les politiques, les infrastructures et les marchés des États membres à travers des organisations régionales telles qu’effectivement la SADC, le COMESA et la COI, dont Maurice et Madagascar sont membres. Dans cette optique, cela ouvre des perspectives plus larges en termes de marché potentiel à exploiter pour les hommes d’affaires des deux pays. Les échanges commerciaux et les investissements sont aussi privilégiés de par la réduction des tarifs douaniers et procédures réglementaires.
Lors du récent Sommet de la Commission de l’océan indien, tenu le 24 avril à Madagascar, les dirigeants des Etats Membres, y compris Madagascar et Maurice, ont réaffirmé leur engagement d’accroitre les échanges commerciaux et favoriser la résilience économique dans une perspective de développement harmonieux et équitable pour tous.
Je tiens à souligner que Maurice apporte tout son soutien au nouveau Secrétaire Général de la Commission de l’océan indien, S.E. Razafindravahy, qui a annoncé lors de sa prise de fonctions que ses chantiers structurants qu’il considère comme les priorités de son mandat sont la sécurité alimentaire, la connectivité maritime, la facilitation des échanges commerciaux intrarégionales et la résilience climatique.
Au niveau de la SADC et de le COMESA, le marché africain est très prometteur. Nos deux pays peuvent utiliser leurs ressources communes pour exploiter ce marché que la Banque africaine de développement a qualifié de deuxième plus grand marché au monde après l’Asie. En effet, l’Afrique possède des ressources naturelles très variées et abondantes, y compris des minéraux essentiels, du pétrole, du gaz naturel, des terres arables, et une biodiversité riche, qui ouvre la porte à de nombreuses opportunités.
4. Quels mécanismes sont en place pour faciliter la mobilité des travailleurs malgaches à Maurice, et comment le gouvernement Mauricien assure la protection de leurs droits?
Le gouvernement mauricien attache beaucoup d’importance à la protection des droits des travailleurs. A ce chapitre, je précise qu’un projet d’entente sur le recrutement et l’emploi des travailleurs de Madagascar est en cours de négociation. Ce projet de coopération vise à mettre sur place un cadre pour faciliter le recrutement, l’emploi, la protection et le bien-être des travailleurs malgaches à Maurice.
Une délégation de fonctionnaires, d’experts et de juristes malgaches devrait faire le déplacement à Maurice dans les prochains mois pour négocier avec le ministère mauricien du Travail et des Relations industrielles sur ce projet d’entente qui va aussi régir la mobilité des travailleurs malgaches à Maurice. La délégation va visiter les lieux de travail et les dortoirs de ces Malgaches pour s’assurer que leurs conditions de vie soient décentes.
Le gouvernement mauricien assure la protection des droits des travailleurs malgaches qui bénéficient des mêmes droits que les travailleurs mauriciens. Les lois mauriciennes stipulent que les travailleurs migrants doivent bénéficier des mêmes conditions de service que les travailleurs locaux. Cela inclut une protection en vertu de la loi sur les droits des travailleurs (2019), qui protège contre la discrimination fondée sur le sexe, la race, la nationalité et l’orientation sexuelle.
La loi de 2008 sur les relations de travail garantit la liberté d’association, le droit de se syndiquer et la négociation collective. Nous avons également d’autres lois ainsi que la Constitution qui protègent les droits humains fondamentaux ainsi que les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité au travail.
5. Quels secteurs économiques offrent actuellement les meilleures opportunités pour les investissements croisés entre Maurice et Madagascar?
Les opportunités d’investissement entre Maurice et Madagascar sont vastes, compte tenu des complémentarités économiques et des liens historiques solides entre les deux pays. Plusieurs secteurs se distinguent par leur potentiel de croissance et d’impact. Je vais citer ceux qui offrent actuellement les meilleures perspectives.
Agri-Business et Agro-industrie
Madagascar, avec sa vaste superficie agricole, est un terrain fertile pour l’expansion des activités agro-industrielles. La production de riz, de vanille (dont Madagascar est le principal producteur mondial), de café, de thé, et d’autres produits comme les litchis offre des opportunités pour les investisseurs mauriciens dans la transformation, la logistique et l’exportation. Maurice, qui dispose d’une expertise en gestion et en transformation des produits agricoles, pourrait jouer un rôle clé en apportant ses compétences techniques et en facilitant l’accès aux marchés internationaux.
Textile et Industrie Légère
La Zone Spéciale Économique (ZSE) de Moramanga, dédiée au textile, représente une opportunité de collaboration importante. Maurice, avec son savoir-faire dans l’industrie textile, pourrait y jouer un rôle de leader en aidant à moderniser et à étendre cette industrie à Madagascar. Ce secteur est crucial pour le développement économique de la Grande Île, qui possède un marché sous-exploité mais plein de potentiel pour la production de vêtements et d’autres biens manufacturés.
Tourisme et Hôtellerie
Madagascar possède un potentiel touristique exceptionnel avec des paysages diversifiés, des plages paradisiaques et une biodiversité unique. Maurice, ayant une forte expertise dans le secteur hôtelier, peut aider à développer l’infrastructure touristique en construisant de nouveaux hôtels et complexes touristiques, et en contribuant à la gestion et à la promotion des destinations. Le secteur du tourisme à Madagascar a montré une croissance régulière, et la coopération avec des opérateurs mauriciens dans la chaîne de valeur du tourisme pourrait stimuler davantage ce secteur.
Énergies Renouvelables
L’énergie renouvelable est un domaine clé pour l’avenir de Madagascar. Le pays dispose d’un grand potentiel en hydroélectricité, solaire et éolien, mais une grande partie de ce potentiel reste sous-exploitée. Maurice, avec ses compétences en matière d’énergie et d’infrastructures, pourrait jouer un rôle central en soutenant Madagascar pour développer ses ressources énergétiques. Cela pourrait aussi conduire à des projets conjoints dans la production d’électricité verte et la réduction de la dépendance à l’énergie fossile.
TIC et Externalisation (BPO)
Madagascar est devenue une destination prisée pour l’externalisation de services, en particulier dans les technologies de l’information et les centres d’appels. L’accès à une main-d’œuvre qualifiée à faible coût et la présence de plusieurs entreprises mauriciennes dans ce secteur font de ce domaine une piste idéale pour les investissements croisés. Maurice, avec son expérience et ses entreprises implantées à Madagascar, pourrait continuer à exploiter cette niche pour offrir des services d’externalisation aux entreprises internationales.
Secteur Bancaire et Financier
Les banques mauriciennes comme le State Bank of Mauritius (SBM) et la Mauritius Commercial Bank (MCB) jouent un rôle important dans le soutien aux entreprises mauriciennes à Madagascar. L’extension des services bancaires et financiers, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), représente une grande opportunité d’investissement. Ce secteur peut se développer davantage avec la mise en place de solutions financières adaptées aux besoins de l’économie malgache.
Infrastructures et Zone Spéciale Économique (ZSE)
La coopération entre Maurice et Madagascar sur des projets d’infrastructures, comme la ZSE de Moramanga, continue de croître. Le projet de la Cité du Textile à Moramanga est une initiative clé qui pourrait attirer des investissements mauriciens pour la construction d’infrastructures, la modernisation des zones industrielles et la création de nouvelles opportunités pour les entreprises locales et étrangères. Ce type de partenariat est essentiel pour renforcer les flux d’investissements et la compétitivité régionale.
Commerce et Zones de Libre-Échange
Avec des accords de libre-échange comme le COMESA et la SADC, le commerce entre Maurice et Madagascar bénéficie déjà d’une réduction des barrières tarifaires. Les deux pays participent également à des négociations pour l’Accord de Partenariat Économique (EPA) avec l’UE et la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Ces accords ouvrent des opportunités pour les entreprises des deux pays de développer des chaînes de valeur et de pénétrer les marchés africains et européens plus facilement.
Pêche et Aquaculture
Madagascar, avec ses ressources maritimes abondantes, est bien placé pour développer l’aquaculture et la transformation des produits de la mer. Maurice, qui possède une expertise dans le secteur de la pêche et du commerce international, pourrait renforcer les infrastructures et les capacités de transformation à Madagascar, facilitant ainsi l’exportation vers des marchés mondiaux.
6. Comment Maurice soutient-elle les initiatives visant à promouvoir une croissance économique inclusive et durable dans la région de l’océan Indien?
Nous sommes dans un monde en pleine turbulence géopolitique. La guerre tarifaire que se livre les super puissances aura, sans nul doute, des répercussions sur le monde entier. Le 2 avril dernier, le président américain avait annoncé qu’il imposerait 40 % de tarifs sur les produits mauriciens, mesure qu’il a ensuite suspendue pour 90 jours. D’autres pays africains étaient également soumis à une hausse de tarifs. Ces menaces tarifaires nous poussent à redéfinir nos stratégies.
Nous devons chercher de nouveaux marchés, tout en consolidant nos acquis. Nous devons rechercher des pratiques innovantes, en utilisant l’intelligence artificielle, la digitalisation et la robotique. Maurice ambitionne de devenir un « regional technology hub » et nous sommes reliés à quatre câbles sous-marins (SAFE, LIOM/LION2, METISS, T3). La couverture fibre et la connectivité mobile à Maurice est quasi complète. Nous soutenons pleinement les initiatives technologiques dans ce sens pour améliorer notre productivité et ouvrir de nouvelles perspectives.
La croissance économique passe aussi par la connectivité maritime et aérienne. De ce fait, nous avons déjà un accord avec Madagascar pour les liaisons aériennes. Nous étudierons la possibilité d’augmenter le nombre de fréquences aériennes et maritimes afin de desservir les pays de la région à des intervalles plus réguliers.
Maurice est un des premiers pays à avoir ratifié le Pacte créant la « Zone de libre-échange continentale africaine ». Maurice a aussi signé des traités de libre-échange avec la Chine et l’Inde, ainsi que plusieurs pays africains. De ce fait, Maurice, de par sa position géographique, pourrait jouer un rôle clé dans la région en tant que pont pour relier les investisseurs d’Asie et d’Afrique.
Madagascar possède une abondante quantité et une diversité de ressources naturelles, à la fois renouvelables et non renouvelables, qui peuvent être exploitées pour l’économie locale et régionale. Ces ressources comprennent des minerais rares, des pierres précieuses, des forêts, une biodiversité unique, et des ressources halieutiques.
Ainsi, en combinant leurs ressources, Maurice et Madagascar pourraient renforcer leur coopération dans des secteurs stratégiques, tout en développant un modèle de développement durable et solidaire. Cela permettrait de mieux répondre aux défis globaux, tout en offrant des perspectives de croissance équilibrée et inclusive pour leurs populations respectives.
7. Envisagez-vous de nouvelles initiatives diplomatiques ou économiques pour approfondir la coopération entre Maurice et Madagascar dans les années à venir?
Je répondrai par l’affirmative. En effet, pour approfondir la coopération entre Maurice et Madagascar, plusieurs initiatives diplomatiques et économiques peuvent être envisagées, en mettant particulièrement l’accent sur un développement mutuellement bénéfique.
Secteur du Tourisme
Une priorité évidente réside dans le secteur du tourisme, où les deux îles peuvent s’engager dans un tourisme solidaire qui valorise non seulement les richesses naturelles et culturelles de chaque pays, mais aussi favorise un échange plus équitable et durable entre leurs populations. En développant des circuits touristiques communs, des forfaits multi-destinations et des projets collaboratifs sur le marché international, Maurice et Madagascar peuvent attirer des visiteurs intéressés par des expériences authentiques et responsables, tout en générant des retombées économiques pour les communautés locales. Ce modèle de tourisme solidaire permettrait de renforcer les liens entre les deux pays tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des touristes internationaux, en favorisant une croissance économique plus inclusive.
Renforcement des échanges commerciaux bilatéraux
D’autre part, le renforcement des échanges commerciaux bilatéraux constitue un axe central pour solidifier la coopération entre Maurice et Madagascar. Les deux nations pourraient collaborer davantage dans des secteurs clés tels que l’agriculture durable, la transformation des produits locaux, et l’exportation de biens vers d’autres marchés. Des initiatives communes, comme la création de zones économiques spéciales ou des projets de développement d’infrastructures portuaires et aéroportuaires, seraient également essentielles pour faciliter les flux commerciaux. Cela permettrait de réduire les barrières logistiques, d’améliorer la connectivité et de stimuler les investissements dans des projets à forte valeur ajoutée pour les économies des deux îles.
Secteur de l’énergie durable
Le secteur de l’énergie durable offre également de nombreuses opportunités pour une collaboration renforcée, avec des projets conjoints visant à promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire et éolienne. Cette coopération pourrait être complémentée par des projets d’infrastructure dans des domaines tels que la gestion des ressources naturelles et la préservation de la biodiversité, qui sont des enjeux cruciaux pour les deux pays, surtout face aux impacts du changement climatique. Par exemple, des initiatives communes en matière de reforestation ou de protection des zones côtières aideraient à préserver les écosystèmes et à améliorer la résilience des populations locales face aux catastrophes naturelles.
La mobilité des personnes et des biens est également un domaine clé où une coopération plus poussée pourrait être mise en place. D’autre part, la mise en place d’accords pour simplifier les procédures douanières, ainsi que des partenariats pour améliorer les infrastructures de transport, notamment les liaisons aériennes et maritimes, faciliterait la circulation des touristes et des investisseurs entre les deux îles, tout en renforçant leur intégration économique. Enfin, dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle, les deux pays pourraient développer des programmes d’échanges académiques et de collaboration en recherche scientifique, particulièrement dans les domaines liés à l’agriculture durable, à l’énergie verte et au développement touristique.
En conclusion, je pense sincèrement que ces initiatives contribueraient non seulement à la croissance économique, mais aussi à la construction d’une solidarité régionale durable, fondée sur le partage des savoirs et des compétences. En capitalisant sur les atouts de chaque pays, en particulier les compétences de Maurice dans les secteurs industriels et financiers, et les ressources naturelles et humaines de Madagascar, ces deux nations pourront non seulement stimuler leurs économies respectives, mais aussi renforcer leur partenariat stratégique dans l’océan Indien et au-delà.